C’est fini !

23/02/2013 3 commentaires

Eh oui, cette fois-ci c’est bel et bien fini ; il est temps de mettre un point final à ce blog, qui était déjà dans le bas de la pente descendante depuis quelques mois (heureusement que le Mensuel du Gorfou, lui, est infatigable et ne renonce jamais).

Pour faire un résumé rapide :

  • Mi-septembre, départ des militaires et contractuels de la mission 63 et arrivée de leurs successeurs. La mission 64 commence.
  • Les « survivants » de la 63e mission (6 VAT IPEV, 1 VAT Réserve Naturelle et la bib) accueillent les « petits nouveaux » et tentent de leur transmettre l’art de vivre sur Amsterdam.
  • Les beaux jours commencent à revenir, ce qui permet aux uns d’emmener les autres pour découvrir les paysages de l’île.
  • Novembre, la base se prépare à accueillir la relève des VAT. Sauf que Paf le Marion. Les VAT de la 64 sont déposés sur Crozet, tout le monde est en stand by et attend de voir ce qui se passe.
  • De l’incident du Marion jusqu’à notre départ (et même après !), c’est le règne de la rumeur, des bruits de couloir et des informations partielles : qui va amener les VAT64 sur AMS ? Que vont devenir les campagnards d’été présents sur le Marion ? Où va aller le fret ? Qui va nous amener les vivres ? Quand allons-nous partir ? Combien de personne pourront monter sur quel bateau, et quand ? Qu’advient-il de nos malles et de celle de nos successeurs ? La bib va-t-elle partir un jour ou devra-t-elle demander un passeport de résident permanent ? Beaucoup de questions, beaucoup de réponses pour chaque question, qui varient en fonction de la source, du moment ou du sens du vent. Ce n’est simple à gérer pour personne, le « grain de sable » qui a fait un trou dans la coque du Marion a aussi déréglé toute la machine logistique à un moment crucial de l’année ; énormément de personnes sont impactées à des degrés divers, et faire au mieux pour tout le monde est un véritable casse-tête.
  • Bref, nos successeurs finissent par arriver mi-décembre avec l’Osiris, qui en profite pour repartir avec 4 VAT63. La passation de consignes aura finalement lieu, avec les restants.
  • Le 30 décembre nous obtenons la confirmation que nous allons pouvoir rentrer sur l’Austral, qui retourne à la Réunion à la fin de sa première marée qui se terminera la première semaine de janvier. Le jour précis n’est pas connu ; les malles sont prêtes ; on attend.
  • Retour à la Réunion mi-janvier après une semaine de traversée, 3 petits jours à la Réunion et retour en métropole, où finalement pas grand chose n’a changé, mis à part qu’il fait froid, qu’il y a de la neige et que le matin il fait nuit vachement tard.

Les cinq semaines de « stage de dépouillement » au LSCE permettent de me réacclimater en douceur à la « vraie vie ». Et aussi… à préparer mon voyage suivant (purement loisirs, cette fois) ! Un petit tour en Asie de 6 mois, à travers le Cambodge, le Vietnam, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Russie, si tout se passe comme prévu. Pour me suivre, comme d’hab’, un blog : http://oliasie.wordpress.com

L'île Amsterdam, vue pour la dernière fois depuis l'Austral

L’île Amsterdam, vue pour la dernière fois depuis l’Austral

C’était la fin de ce blog, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale.

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Le Mensuel du Gorfou N°24

Mensuel du Gorfou N°24

Crozet 1 – 0 Marion

17/11/2012 6 commentaires

Mercredi matin (14 novembre), le Marion Dufresne a heurté un haut fond au large de Crozet. La coque est largement déchirée ; la voie d’eau a été maitrisée, la stabilité du bateau est bonne et il n’y a pas eu de blessés.
Cependant, OP3 et OP4, qui devraient respectivement amener nos successeurs et nous ramener nous, sont annulées de même que la campagne océanographique.
Les TAAF sont en train de chercher des solutions pour effectuer les missions du Marion-Dufresne avec d’autres bateaux. Tout ça est encore très flou, mais il est plus que probable que mon séjour sur Amsterdam s’en trouve rallongé de quelques semaines.

Quelques détails sur les évènements : http://www.meretmarine.com/fr/content/terres-australes-le-marion-dufresne-heurte-un-haut-fond-crozet

Le Mensuel du Gorfou N°23

Le Mensuel du Gorfou N°22

Le Mensuel du Gorfou N°21

Ramces

Après plusieurs mois passés à vous raconter des histoires de petits oiseaux, de balades bucoliques et d’activité divertissantes, il est grand temps de vous parler du travail que je fais pour Ramces. Le programme, hein, pas le pharaon.
Ramces signifie Réseau Atmosphérique de Mesure de Composés à Effet de Serre, il s’agit d’un observatoire de recherche en environnement géré par le labo pour lequel je travaille, le LSCE (Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement). La station de mesure de Pointe B fait partie de ce réseau et le poste que j’occupe sur l’île est appelé indifféremment VAT CO2 ou VAT Ramces.

Je m’occupe de six manip’ qui permettent de répondre à deux besoins : suivre sur le long terme la concentration des gaz à effet de serre et caractériser les masses d’air mesurées. Les gaz mesurés sont ceux déjà évoqués dans la note du 15 juin : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O) et Hexafluorure de soufre (SF6).
Comme on l’a vu, ces gaz à effet de serre jouent un grand rôle dans l’évolution de la température à la surface du globe et l’augmentation de leur concentration, due aux activités humaines, est selon toute vraisemblance à l’origine de ce qu’on appelle le changement climatique. Or, pour essayer de prévoir au mieux l’avenir, il faut comprendre comment marche la machine climatique. Pour cela, des données de concentration de gaz à effet de serre sur toute la surface du globe et sur une durée longue sont nécessaires. Connaitre le passé et comprendre comment on en est arrivé au présent permet d’entrevoir le futur avec un peu plus de clarté.

L’île Amsterdam est un site privilégié pour faire ces mesures : isolées de (presque) toute activité humaine, les mesures ne sont pas perturbées par des pollutions directes ; éloignées des masses continentales, elles ne subissent pas les variations saisonnières (croissance/mort des végétaux au printemps/automne qui absorbent/rejettent du CO2). La station de Pointe B est aussi la seule station à des milliers de kilomètres à la ronde, au milieu de l’océan indien dont le rôle dans la mécanique climatique est mal connu mais dont paradoxalement l’importance pourrait être très grande. Enfin, la station tourne en continu depuis le début des années 80. Toutes ces qualités en font un des deux sites de référence mondiale pour la mesure du CO2.

Deux appareils permettent de mesurer en continu la concentration de CO2 (et du CH4 pour l’appareil le plus récent). Ils fonctionnent tous les deux sur le même principe : de l’air pompé en haut d’un mât de 25m passe dans une cellule ; un rayonnement infrarouge dont la longueur d’onde est absorbée par le CO2 est émis d’un côté de la cellule. De l’autre côté de la cellule, un capteur mesure l’intensité du rayonnement qui est passé à travers l’air. Plus il y aura de CO2 dans l’air mesuré, plus l’intensité du rayonnement sortant sera faible. En calibrant l’appareil avec de l’air contenant une concentration de CO2 connue et très précise, on arrive à connaitre la formule qui lie intensité du rayonnement sortant et concentration.

Deux bancs de prélèvement permettent de prélever de l’air sous pression dans des flacons. Ces flacons sont ensuite envoyés en métropole pour être analysés ; les concentrations de CO2 et CH4, sont ainsi mesurées par des méthodes différentes ce qui permet de valider le fonctionnement des appareils de mesure en continu et également de mesurer d’autre gaz comme de CO, le N2O ou le SF6.

Pour mieux connaitre la nature de l’air mesuré en temps réel ou prélevé, on cherche à caractériser la masse d’air. Les paramètres météorologiques (température, pression, humidité, force et direction du vent) sont mesurés par deux stations météo implantées à proximité directe des points de prélèvement d’air. On mesure également le Radon-222, un gaz radioactif émis naturellement par les roches continentales. Comme sa durée de demi-vie est de l’ordre de la semaine, l’étude de sa concentration dans l’air permet d’estimer combien de temps la masse d’air a mis pour arriver d’un continent à l’île, combien de temps elle est resté au contact de l’océan, milieu qui joue un grand rôle dans les flux de CO2.

Si la plupart des appareils fonctionnent de façon automatique, ils nécessitent néanmoins plus ou moins régulièrement un certain nombre d’opérations de maintenance qui ne peuvent être effectuées que « à la main ». D’autre part, ce sont des machines complexes et sensibles qui peuvent évidemment tomber en panne (et elles ne s’en privent pas), un opérateur qualifié est nécessaire sur place pour détecter, identifier et résoudre ces pannes. Enfin, les infrastructures et les techniques évoluent, et il est important de faire évoluer la station de Pointe B avec elles : ainsi, un important travail d’amélioration de la gestion de l’information et des données a été effectué cette année ; toutes les manip’ dont je m’occupe ont leur données transférées automatiquement quotidiennement au labo, et les informations concernant leur fonctionnement et leur maintenance sont accessibles de façon pratique et durable.